LTO : Liaisons Tracteur-Outils

  • Par garsdh
  • Le 17/11/2013
  • Commentaires (4)

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J’avoue, nous avons de quoi nous y perdre. Les constructeurs multiplient pourtant les astuces pour nous aider au bon attelage. Le respect de l’aplomb d’un outil est important pour son bon fonctionnement. Mais comment interpréter la lecture d’un niveau lorsque les parcelles ne sont pas nivelées au scraper ? Comment doit-on interpréter la consigne d’inclinaison ? S’agit-il du 3ème point ou des bras de relevage ?

Une question vous a sûrement déjà traversé l’esprit en approchant un tracteur d’un nouvel outil porté à atteler : Pourquoi y’a-t-il autant de possibilités de positions d’attelage ? Il est fréquent d’observer 2 ou 3 alésages pour la position de brochage des bras inférieurs de relevage. Il est même fréquent de voir 3 ou 4 positions sur la tête d’attelage pour la position du 3ème point. Les tractoristes eux-mêmes proposent souvent 3 hauteurs de fixation de ce bras de poussée. Durant les semis d’automne les interrogations furent nombreuses. Qu’il s’agisse de la charrue, du cultivateur, du déchaumeur ou du semoir, nous nous interrogeons sur la logique de position de brochage. La tâche se complique lorsque parmi ces « trous » certains ont une forme oblongue. C’est d’ailleurs souvent dans cette « lumière » que le 3ème point sera fixé. Non pas parce que nous avons miraculeusement trouvé la réponse à la bonne inclinaison des bras d’attelage, mais sûrement parce qu’il s’agit du seul alésage qui n’a plus de peinture.

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Comment choisir la bonne position des bras inférieurs sur l’outil ? L’incidence majeure est la modification de l’inclinaison des bras vers l’arrière. En fonction de la garde au sol du tracteur, de sa monte de pneumatiques ou de la longueur des chandelles, les bras inférieurs n’auront pas la même inclinaison. La ligne de traction parallèle et confondue aux bras de relevage, nous fournit l’orientation de la résistance de l’outil sur le tracteur. Plus cette droite est orientée à l’arrière vers le bas, plus l’outil aura tendance à « écraser » l’essieu arrière du tracteur. On augmentera ainsi la force de traction des roues arrière au détriment du pont avant. On veillera alors à ce que la droite d’inclinaison des bras inférieurs passe au niveau de l’axe de l’essieu avant (dans le cas d’un 4 RM). C’est ainsi que l’on aura le meilleur compromis de traction avant et arrière. Il arrive malheureusement de voir des tracteurs « bas » travaillant en traction avec des bras de relevage à l’horizontal, favorisant la perte d’adhérence et de performance du tracteur. La position d’attelage des bras inférieurs doit être fonction de leur inclinaison au travail, et plus seulement en fonction de la position haute au transport.

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Le choix de position du 3ème point semble plus facile. La position dans un trou oblong fournit une liberté de mouvement lorsque le sol n’est pas totalement plat. Cette solution articule l’attelage avec comme point de pivot les rotules des bras inférieurs. La preuve est souvent faite lorsque l’on communique sur la possibilité de remplacer le 3ème point par une chaîne (voir de l’enlever au travail), rendant l’outil libre d’osciller tout en conservant sa profondeur de travail. Le contrôle de position fixe du relevage et le réglage d’une roue ou rouleau à l’arrière de l’outil permet de garder une hauteur de travail constante. Nos souvenirs d'apprentissage en machinisme nous rappellent une autre règle évidente. Les droites confondues au 3ème point et aux bras de relevage doivent être concourantes au niveau du pont avant (toujours pour un tracteur 4 RM). La position de ce point de convergence confirme la logique expliquée ci-dessus pour l’augmentation de traction fourni par les bras inférieurs. Le 3ème point, aussi appelé bras de poussée, devrait donc transmettre un report de charge vers le pont avant. Vous vous en douterez bien, si ce bras de poussée est flottant, il ne réalise alors aucun report favorisant la traction. La répartition du poids adhérent AV/AR est de l'ordre de 30%/90%. Comment doit-on faire alors pour que l’outil soit libre d’osciller, tout en fournissant un report augmentant l’adhérence du tracteur ?

Il est possible de conserver l'effet oscillant d'un outil semi-porté au travail tout en bénéficiant d'un report de charge vers l'avant. Il est préférable d'utiliser le relevage en position flottante (contrôle d'effort seulement) tout en contrôlant la profondeur de travail avec le 3ème point en poussée. C'est ce dernier qui limitera le mouvement de la tête d'attelage vers le bas. Bien sûr, le brochage devra se réaliser dans un trou fixe, tout en respectant les inclinaisons de bras pour viser une convergence suffisamment longue. C'est avec l'évolution de la résistance de l'outil dans le sol, que le bras de poussée (le bien nommé) transmettra l'effort vers le pont avant, augmentant la traction et les performances du chantier. La répartition du poids adhérent AV/AR approche dans ce cas les 40%/80%. On profite à la fois d'une meilleure traction augmentant le débit de chantier tout en limitant des investissements dans des accessoires de lestage.

Commentaires (4)

1. cowboy 17/11/2013

Ton article est bien fait, mais ce n'est pas toujours simple à mettre en œuvre.
De plus, ce n'est pas valable pour valoriser un outil qui travaille en pdf, type HR.

2. Julien HERAULT (site web) 24/02/2014

Les outils de travail du sol, nécessitant de la puissance à la prise de force engendrent souvent moins de résistance à la traction. Cette optimisation d'attelage est bien sûr mieux valorisée sur des outils travaillant uniquement en traction. Pour cela, il y a des astuces simples pour mettre en oeuvre ces réglages sur le terrain.

3. DT 02/01/2015

Bonsoir,
En toute amitié et sincérité, je me dois de vous signaler que cet article est à repenser et à remettre à jour. En effet les notions physiques que vous apportez sur les efforts en liaison tracteur-outil sont partiellement erronées.
Sans m'étendre sur le sujet, par exemple : les idées reçues ou enseignées "jadis" sur la convergence courte pour 2 RM et longue pour 4 RM ne sont pas fondées. Le point de convergence n'a aucune influence sur le report de charge de l'outil lorsque l'on travaille en contrôle de position ou d'effort par exemple, et d'ailleurs l'effort de traction ne passe pas par ce point de convergence dans ce cas de figure. Par contre en attelage flottant, une convergence courte peut provoquer un report de charge sur le pont arrière.
Des facteurs complexes entrent en jeu et des questions se posent : ai-je un outil porté au travail, semi-porté ou traîné ? suis-je en contrôle hydraulique ou en attelage flottant ?
Il y a par contre quelques avantages à être en convergence longue...
Je m'arrête là.
Vous souhaitant bonne continuation dans vos formations.
Cordiales salutations et Agroéquipement vôtre !

4. Julien HERAULT (site web) 06/01/2015

Bonjour et merci beaucoup pour votre contribution. Les notions que vous citez sont exactes et prises en compte dans l’article. J’aborde dans le troisième paragraphe la solution d’attelage en contrôle d’effort ou mixte d’une manière ironique. Il s’agit d’un clin d’œil à « nos souvenirs d’apprentissage en machinisme » qui, bien que mis en pratique de manière (trop) systématique, ne sont pas toujours les plus judicieux.
Avec un attelage réglé en butée basse au travail, le troisième point est libre. Il n’y a pas de report de charge par ce bras quel que soit son inclinaison. Seuls les bras inférieurs alourdissent l’essieu arrière sans nécessairement suivre une ligne de traction parallèle et confondue en raison de l’action du relevage via les chandelles. Comme expliqué à la fin de l’article, seul un relevage flottant, avec un troisième en ‘poussée’ accentue le report de charge vers l’avant.
Merci pour votre participation. Cordialement.

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